QUE NOVO n°1(22 nov 2020)

QUE NOVO n°1(22 nov 2020)

Cars Ami,

Nous vaqui tournamai engabia, encafourna, embarra, encadena, basto, sian mai COUNFINA !

La Capouliero, contrainte et forcée, a mis entre parenthèses ses activités, comme de nombreuses associations. Notre assemblée générale prévue fin novembre est reportée sine die et les assauts de danse de la FFM, décalés une première fois de mai à novembre, n’auront pas lieu cette année.

Malgré tout, les jeunes du Ballet organisent des séances hebdomadaires en visioconférence. Ils suivent leur « coach » Clémentine Inghilleri dans des exercices de renforcement musculaire et de « cardio ». Je peux vous dire que les efforts ne sont pas virtuels et que les voisins du dessous ont remarqué nos pas de course !

Au-delà du maintien en forme, cela nous permet de discuter et se revoir, même à travers un écran.

Toutefois, le manque de vie associative nous a fait réfléchir sur comment La Capouliero pourrait poursuivre son objet : la défense de notre identité, et la promotion des arts et traditions populaires de Provence,

Ainsi nous avons eu l’idée de vous envoyer de petits articles sous la forme d’une lettre que nous avons choisi d’appeler « Que Novo ? », (c’est à dire, quelles nouvelles ?) sur l’actualité culturelle de notre région, une personne ou un événement qui a marqué la Capouliero, un compte-rendu de lecture, une recette, une photographie originale, un poème.

Cette lettre vous sera envoyée par email ou par courrier pour ceux qui n’utilisent pas internet. Elle sera destinée aux adhérents de tous âges et n’a pas vocation à être diffusée plus largement.

Pour cette première édition, c’est Mireille Durand, vice-présidente de la Capouliero et Majorale du Félibrige, qui a en a rédigé les articles. D’autres productions sont déjà prêtes et s’ajouteront à celle d’Alain Jourdan dans un prochain numéro.

Si cette « lettre » vous plait, bien entendu, nous espérons pouvoir la continuer, avec votre aide, au-delà du confinement. N’hésitez pas à nous faire vos commentaires ou des propositions !

Nous vous souhaitons une bonne lecture !

A bèn-lèu,

 

E se parlavian dóu Museon Arlaten ? «  Sesoun 1 »

Quand on évoque Frédéric Mistral, on évoque surtout son œuvre littéraire, œuvre écrite exclusivement en provençal, et pour laquelle il reçut, ne l’oublions pas, le prix Nobel en 1904 !!!!

Acò’s pas rèn, mai es qu’uno souleto part de l’obro grandarasso1 dóu Mèstre de Maiano.

Dins aquelo obro, pouëtico, literàri, leissicougrafico, emai poulitico, l’a un aspèt qu’óublidan un pau : es l’espetaclous travai etnougrafi que coungreiè emé Lou Museon Arlaten.

Mais ce souci de la vérité ethnographique, Mistral l’a depuis l’origine, depuis que sur le seuil du Mas paternel il a pris la décision de rendre sa dignité perdue à notre langue méprisée.

Très tôt, il fait preuve d’une grande lucidité : il a conscience que le mode de vie traditionnel et ancestral va disparaître face aux bouleversements de la civilisation industrielle… C’est ainsi que dès l’écriture des Moissons ou de Mireille il s’attache à décrire avec une grande précision tout ce qui fait cet art de vivre traditionnel.

Toutefois, l’œuvre poétique et le travail lexicographique resteraient incomplets si la réhabilitation de la langue provençale ne s’accompagnait pas d’un sauvetage des objets et des éléments de civilisation qu’elle servait à exprimer.

Ainsi dès 1896, la Ville d’Arles accepte de mettre à disposition un ensemble de six salles situées dans l’ancien collège des Oratoriens , rue de la République.

Grâce à la notoriété de Mistral, la collecte muséographique s’effectue à une allure éblouissante.

Mistral montre alors un acharnement quotidien à l’édification de ce monument de la culture provençale : écrivant aux ministres pour faire avancer les dossiers, allant chaque jeudi à Arles pour classer et étiqueter les objets reçus, faisant réaliser des maquettes et des modèles réduits par des artisans spécialisés, à près de 70 ans, il se jeta corps et âme dans cette nouvelle œuvre.

Et le musée est ainsi inauguré le 21 mai 1899 .

Aurès la Sesoun 2 dins lou numerò venènt !

1 Grandarasso : as, asso est un suffixe qui sert à former des augmentatifs : en l’occurrence « très grande »

« CINQ MINUEITO, E PAS MAI »

Vous le savez, pendant des années, Laurette a animé les cours de cuisine de la Capouliero.

A presque 90 ans, elle a finalement décidé d’arrêter !

Pour ma part, on vous dira que je réussis mieux le plateau de fromages que tout autre plat…Donc il serait vraiment prétentieux et illusoire d’imaginer que je puisse prendre la suite de maman !!!

Pamens, tèni quàuquei receto que m’agradon, e que voudriéu vous faire counouèisse.

Aquélei receto, que d’ami m’an fisado, an quicon de coumun : s’alestisson1 en « 5 minuèito e pas mai !!! »

Mi siéu dicho puei de vous lei marca en prouvençau : ensin, acò vous fara un pau chifra2 !!!!

 

Vaqui pèr coumença :

La « Perounado »

Aquelo receto, fouarço counoueissudo à la Capou, la tèni de Marc Peron, que la tenié de sa maire, qu’èlo la tenié d’uno vièio famiho de Sant Pèire.

Fau saupre puei qu’es la famiho Gallais (Patris e Patricia) que l’an apelado ensin. Brave !

Vous fau :

4 vo 5 vèno d’aiet3

Quàuquei fielat d’anchoio

De balicot4

Uno bouito de 140 gramo de councentra de poumo d’amour5

Oli d’Oulivo

Sau, pèbre

Trissas dins un mourtié : l’aiet, leis anchoio, emai lou balicot (va poudès faire de segur emé lou « mixer »)

Apoundès puei lei poumo d’amour

Salas (mèfi pamens que l’anchoio es deja proun salado), e pebras un bon proun

Apoundès puei l’òli d’óulivo, dóu meme biais que pèr mounta l’aiòli

La Perounado si manjo pèr l’aperitiéu, estendudo sus de croustet vo uno lesco6 de pan

puse

1 S’alestisson : se préparent

2 Chifra : réfléchir

3 Vèno d’aiet : gousse d’ail (à noter que l’aiet, c’est l’ail, mais c’est aussi l’aiòli)

4 Balicot : basilic

5 Poumo d’amour : tomate

6 Lesco : tranche

Pèr acaba, aquelo proumièro letro, si sian di qu’un pau de pouësìo, nous permetrié de passa mai eisa aqueste counfinamen…. Voici donc un poème, popularisé par Fernandel , qui évoque un aspect essentiel de notre identité …

L’Accent, poème de Miguel Zamacoïs (1866-1955)

De l’accent ! De l’accent ! Mais après tout en-ai-je?

Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?

Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,

Que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort…

Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,

« Ces gens là n’ont pas le parler de tout le monde ! »

Et que, tout dépendant de la façon de voir,

Ne pas avoir l’accent, pour nous, c’est en avoir…

Eh bien non ! Je blasphème, et je suis las de feindre !

Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre !

Emporter de chez soi les accents familiers,

C’est emporter un peu sa terre à ses souliers !

Emporter son accent d’Auvergne ou de Bretagne,

C’est emporter un peu sa lande ou sa montagne !

Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s’enfuit,

L’accent ? Mais c’est un peu le pays qui vous suit !

C’est un peu, cet accent, invisible bagage,

Le parler de chez soi qu’on emporte en voyage !

C’est pour les malheureux à l’exil obligés,

Le patois qui déteint sur les mots étrangers !

Avoir l’accent enfin, c’est, chaque fois qu’on cause,

Parler de son pays en parlant d’autre chose !…

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !

Je veux qu’il soit sonore et clair, retentissant !

Et m’en aller tout droit, l’humeur toujours pareille,

En portant mon accent fièrement sur l’oreille !

Mon accent ? Il faudrait l’écouter à genoux…

Il nous fait emporter la Provence avec nous,

Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages,

Comme chante la mer au fond des coquillages !

Ecoutez ! En parlant, je plante le décor :

Du torride Midi dans les brumes du Nord !

Mon accent porte en soi d’adorables mélanges,

D’effluves d’orangers et de parfum d’oranges ;

Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris

De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,

Et le petit village où les treilles splendides

Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !

Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,

A toutes mes chansons donne un même refrain ;

Et quand vous l’entendez chanter dans ma parole

Tous les mots que je dis dansent la farandole !

Martegau

Webmaster

La publication a un commentaire

  1. erotik izle

    If you want to use the photo it would also be good to check with the artist beforehand in case it is subject to copyright. Best wishes. Aaren Reggis Sela

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